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  • JS Bergues
  • Courriel : joseszyma@gmail.com

Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.
  • Courriel : joseszyma@gmail.com Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.

 

 

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 07:29

En campagne pour la présidence du FN, l'actuelle n° 2 du parti a fait un court passage hier au conseil régional, devant des adversaires politiques divisés sur la façon de contrer l'élue d'Hénin-Beaumont.


 


SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Dix minutes. C'est le temps qu'il a fallu à Marine Le Pen pour donner un ton virulent aux discussions budgétaires en cours au conseil régional, avant de repartir vers d'autres préoccupations. Cette fois, pas de phrase choc du calibre de celle prononcée la semaine dernière. Elle n'a eu, sur son temps de parole, qu'à dérouler ses thèmes de prédilection, en prenant soin de ne franchir aucune ligne rouge. Une charge sur des subventions « communautaristes et clientélistes » accordées aux associations lesbiennes, gay, bi et transsexuelles. Une saillie pour vanter « le modèle suisse » du référendum d'initiative locale qui est tout sauf un hasard, la dernière votation helvétique ayant porté sur l'expulsion des étrangers délinquants. Une sortie aussi sur « les voitures qui brûlent dans les quartiers » pour contrer l'« angélisme » de la gauche et des écologistes qui parlaient de « cri de détresse ».

 

Le propos tient donc en dix minutes. Et en arrière plan, les questions nationales se posent aussi chez les élus régionaux : faut-il « laisser dire », au risque de laisser à Marine Le Pen le ministère du verbe ? Ou au contraire réagir fortement, au risque de la stigmatiser et crisper son électorat.

« Ni la nier, ni la survaloriser »
« Marine Le Pen est habile », reconnaît René Vandierendonck, chargé des questions de rénovation urbaine à la Région. « En ce qui me concerne, je préfère ne pas réagir, ne pas entrer dans le jeu de la provocation. La meilleure réponse, c'est encore de dire que là où ils ont géré, ça a été un fiasco », poursuit le maire de Roubaix. Lui défend l'option de l'action sur le terrain pour priver le FN de ses arguments. En premier lieu à Hénin-Beaumont, pour lequel l'élu nordiste envisage une convention de rénovation urbaine d'ici à la fin du premier semestre 2011. « On se doit de faire jouer la solidarité inter-territoires pour Hénin-Beaumont et faire dans cette ville une opération d'ampleur. Il faut lui couper son "laboratoire" ».

Les écologistes, eux aussi, s'interrogent. Si en « off », certains critiquent le refus du PS de prendre position, officiellement, c'est la politique du « ni-ni » qui prévaut. « ni la nier, ni la survaloriser », indique Jean-François Caron. « Elle est élue démocratiquement. Mais il faut prendre ses propos pour ce qu'ils sont, basés sur des ressorts populistes vieux comme le FN. Quand elle dit que la corporation des élus est "magouilleuse", elle oublie de dire qu'elle est actuellement cumularde avec trois mandats (municipal, régional et européen, NDLR) et qu'elle introduit des recours administratifs uniquement pour retarder le moment où elle devra en lâcher un. Et donc lâcher une tribune. » Les élus écologistes sont bien décidés « à ne rien laisser passer ». Y compris des propos prononcés loin de l'hémicycle régional. C'est que « Marine Le Pen territorialise ses propos par le Nord - Pas-de-Calais et utilise le conseil régional comme marchepied » .

Daubresse : « ne pas la laisser dans ses outrances »
À droite enfin, c'est aussi à un élu de la région qu'échoit le rôle de porter le fer contre le FN. Marc-Philippe Daubresse, député-maire de Lambersart et n°2 de l'UMP, s'est vu confier la mission, avec d'autres, de réfléchir à la stratégie électorale contre le FN. Alors que certains à l'UMP préconisent le silence, lui l'affirme avec force : « On ne doit pas la laisser dans ses outrances ». Pas question de repartir dans les débats d'identité nationale, mais plutôt amener le FN vers ses contradictions, via la notion de république « ferme, mais équilibrée » : « Marine Le Pen dit qu'elle est contre les prières dans la rue. Mais elle est aussi contre la construction de mosquées ». Quant aux élus, parfois nordistes tel Christian Vanneste, qui poussent à ne pas fermer la porte au FN, ils sont avertis : pour Marc-Philippe Daubresse, il n'y aura pas d'assouplissement du « cordon sanitaire. » Reste que le piège tendu à ses adversaires par l'élue frontiste demeure redoutable. Et la séquence de campagne interne au FN, bientôt suivie de celle pour la présidentielle, ne rendra pas l'équation beaucoup plus simple.

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Published by JS Bergues - dans Vie politique
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