Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

Profil

  • JS Bergues
  • Courriel : joseszyma@gmail.com

Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.
  • Courriel : joseszyma@gmail.com Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.

 

 

 

IMG 0001

19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 21:47

 

Une de mes amies était médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Dunkerque depuis maintenant plus de 20 années.

C’était avec l’idée et l’envie de « sauver le monde », d’aider l’autre qu’elle avait choisi cette spécialisation dans ses dernières années d’études à la Fac de Lille puis de s’orienter vers le secteur public afin d’apporter des soins de qualité, donner un sens à ce qu’elle avait appris en rendant un peu de ce qu’elle avait reçu.

Depuis une bonne dizaine d’années, je l’entendais souvent parler de management, de gestion économique, de rationalisation des soins … en même temps que du désarroi des personnels submergés, par l’arrivée de « clients » n’ayant rien à faire aux urgences d’un hôpital mais peut-être en psychiatrie (on y ferme toujours et de plus en plus de lits) ou en cellules de dégrisement ou encore d’autres qui auraient du être chez eux mais qui étaient venus faute d’avoir toujours les  moyens de payer le médecin et les médicaments !.

 

Les conditions aux urgences sont devenues épouvantables. J’en veux pour preuve la triste réalité du décès de ma maman en avril dernier et les passages par le service des urgences où j’ai eu peine à trouver de l’humanité chez les hospitaliers ! Mais je ne leur en veux nullement. Comment faire seul-e- ce qu’on devrait faire à 3 ou 4 ?  Comment gérer en même temps un bras cassé, un SDF en perte de repères et sur-alcoolisé, un cadre sup qui ne cesse de geindre parce qu’on ne s’occupe pas assez vite de son doigt qui est … écorché, le bébé qui braille et sa mère éplorée en même temps que d’autres cas médicaux que je n’ai pu voir. Ma maman était en insuffisance respiratoire ? IMPOSSIBLE.

 

J’ai lu la réforme Bachelot que je ne connaissais que de loin et qui fut voter en son temps par notre député Jean Pierre Decool. Non remplacement de fonctionnaires et fermetures de services, voire d’hôpitaux « non rentables » (!!!) sont au programme.

45000 emplois ont déjà été supprimés en trois ans ; d’autres sont en cours ou arriveront dans les années à venir. Pendant ce temps, les équipes hospitalières triment, font ce qu’elles peuvent avec les moyens qu’elles ont tandis que l’autre veut libéraliser le tout à l’anglaise (j’adore l’Angleterre et m’y rends assez souvent ; je vous invite à y visiter un hôpital public !).

 

La souffrance des personnels, mon amie la connaissait.

Le harcèlement du chef de service, elle connaissait.

Les heures supplémentaires non payées et jamais récupérées, elle connaissait. Le syndrome France Telecom n’était pas loin.

 

Par chance pour elle et pour nous, ses amis, elle a démissionné et s’en porte mieux aujourd’hui. Pour la petite histoire, elle n’a pas été remplacée !

 

Le gouvernement et son monarque de chef font tout pour tuer les hôpitaux publics afin de mieux les privatiser. Ils le font également pour l’ensemble des services publics (enseignement, poste, médecine, culture …).

 

Dans quelques mois, nous choisirons un président de la république et des députés.

Ferons-nous le choix de la Sécurité Sociale contre le « tout assurances », du renouveau des services publics contre la casse du pays au profit des traders et des grosses fortunes ?

 

Il faudra passer par des orientations ambitieuses concernant l’éducation, l’emploi, le logement, la santé ou encore l’énergie.

Moi, j’ai choisi. Et vous ?

Partager cet article

Repost 0
Published by JS Bergues - dans Vie politique
commenter cet article

commentaires

Xavier 19/08/2011 22:18


Entièrement d'accord avec ce que tu écris, José. Dans notre société actuelle, seuls la rentabilité et les chiffres importent aux décideurs, aux dirigeants, aux acdres sup. Toujours faire plus (mais
pas mieux), plus vite (donc moins bien), avec moins de moyens, et pas de souci de l'autre. Les malades, patients, assurés sociaux, ... sont devenus des clients.
Difficile dans ce monde là de faire comprendre qu'il faut défendre les services publics, voire même d'en développer certains.