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  • JS Bergues
  • Courriel : joseszyma@gmail.com

Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.
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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 14:37

Le Foll aime les cochons

Le Canard Enchaîné du mercredi 12 novembre 2012-09-12
C’est un décret qui avait fait grimper aux rideaux le ban et l’arrière ban des écolos… Il y a quasiment un an, l’ancien ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, et sa collègue de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, sortent du chapeau un effarant décret « nitrates » permettant d’augmenter en douce la quantité de lisier épandue sur les champs. Tout cela grâce à une petite manip.
Jusqu’au décret, l’éleveur divisait la quantité d’azote produite sur sa ferme par la «surface potentiellement épandable », comprenez partout, sauf à proximité des cours d’eau, du littoral, ou du voisin. Désormais, l’éleveur peut diviser son stock d’azote par la « surface agricole utile », en clair, la totalité des champs. Soit en moyenne 25% de surface en plus par rapport à la «surface potentiellement épandable ». Un moyen astucieux de contourner la directive européenne de 1991, qui, pour diminuer la pollution de l’eau, notamment en Bretagne, interdit aux éleveurs d’épandre plus de 170 kilos d’azote à l’hectare. En changeant le mode de calcul on peut, ni vu ni connu, éparpiller jusqu’à 212 kilos à l’hectare…

Après le départ de Le Maire, les associations de défense de l’environnement, mais aussi les élus Bretons excédés par les algues vertes qui carburent à l’azote, n’avaient pas l’ombre d’un doute : son successeur allait jeter aux orties le décret scélérat. Que nenni ! Stéphane Le Foll (Ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (!!) du gouvernement Ayrault ) vient de faire savoir qu’il n’était pas question d’annuler le décret « nitrates ». Les mauvaises langues racontent que c’est le lobby porcin qui aurait convaincu le ministre de ne rien changer, sinon Bruxelles allait nous tomber dessus. En effet, pour rester dans les clous des 170 kilos d’azote à l’hectare qu’impose l’Europe, les porcheries et les poulaillers industriels transfèrent leur surplus d’azote chez les éleveurs laitiers. Un jeu de bonneteau qui fonctionnait parfaitement jusqu’à ce que Bruxelles découvre qu’on avait sous-estimé de 25 kilos par an la quantité acceptable d’azote produite par une vache laitière.
Et pour cause : on avait fait le calcul avec une vache de montagne et pas une vache industrielle ! Une fois l’arnaque éventée, il a fallu trouver d’urgence une autre astuce, d’où le fameux décret « nitrates » dont Le Foll s’est amouraché. L’essentiel étant surtout de ne pas remettre en cause notre chouette modèle d’agriculture intensive.

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