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  • JS Bergues
  • Courriel : joseszyma@gmail.com

Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.
  • Courriel : joseszyma@gmail.com Président bénévole de l'AAEs depuis le 25/10/2012.

 

 

 

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 09:59

 



« Naples » par ci, « Naples » par là. Certains décideurs n'ont plus que ce mot à la bouche pour expliquer à quel point nos territoires ont besoin de l'incinération.

 

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, ne sourcille pas en expliquant à l'Assemblée nationale que si rien n'est fait d'ici 2015 en termes de construction de nouvelles capacités d'incinération et de stockage, « on se prépare à avoir des petits Naples partout en France ».

 

François Dagnaud, président du Syctom et adjoint à la propreté à la Mairie de Paris n'a cessé de mettre en garde les participants aux réunions publiques sur le projet d'incinérateur à Ivry-sur-Seine :  si la capacité d’incinération prévue était réduite, Paris et les communes du Syctom se transformeraient en Naples.

 

Un épouvantail déjà utilisé à l'échelle européenne... 

L’argument n'est pas nouveau. En 2008, le lobby européen de l'incinération avait manipulé les députés européens en utilisant la peur liée à la situation napolitaine.
C'est oublier un peu vite le rôle joué par la mafia napolitaine dans la situation italienne : elle constitue un cas extrême et bien précis qui résulte notamment de la mainmise de la Camorra sur le marché des déchets, en particulier des déchets dangereux (voir le documentaire Biutiful Cauntri sur le sujet), associée à la corruption généralisée des industriels et des élus.

 

... et brandi en France pour masquer le problème de la surcapacité de certains incinérateurs 

 

La menace d'un manque d'exutoire en France doit être mis en balance avec la surcapacité qui pourrait au contraire toucher certains incinérateurs. La France compte déjà plusieurs incinérateurs surcapacitaires (Chambéry, Annecy, Gien, etc.), contraints d'aller chercher des déchets à des centaines de kilomètres pour alimenter leur(s) four(s). Certains sont surdimensionnés dès leur construction, à l'image de celui de Montereau. On peut comprendre qu’une marge de manœuvre soit prévue pour faire face à l'évolution de la population sur un territoire. Mais dans bien des cas, la marge adoptée est trop grande (voir le cas de Montereau :  la production de déchets sur le territoire ne représente que 62 % environ de la capacité du futur incinérateur). Cela permet avant tout d'absorber des déchets industriels banals. Ainsi, les citoyens contribuables paient l'investissement pour un incinérateur qui servira en partie à traiter des déchets d'entreprises qui n'ont pas participé à l'effort financier d'investissement. En revanche l'exploitant de l'incinérateur engrange des recettes supplémentaires payées par ces entreprises pour le traitement de leurs déchets...


La France, si elle se donne concrètement les moyens de parvenir à un taux de recyclage et de valorisation organique supérieur à 50% et à une réduction des déchets ménagers, ne devrait pas avoir besoin de construire de nouvelles capacités d'incinération. Il est facile, mais intellectuellement malhonnête d'utiliser la crainte, voire la peur des habitants par rapport aux images napolitaines pour continuer dans la politique du toujours plus d'incinération.
Sauf s'il était admis que la gestion des déchets en France est devenue mafieuse, il serait sage d'arrêter d'agiter le chiffon rouge napolitain.

Article du CCNID

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